Messine : Un Port de Génies, d'Héros et d'Immortels
Il existe un fil invisible qui lie la lumière, la science et le courage : il passe tout entier par ici, par le Détroit de Messine. À travers cette page, nous voulons vous faire découvrir la ville à travers les yeux de ceux qui l’ont vécue, aimée et rendue éternelle.
Nous vous raconterons comment Dicéarque et Maurolico ont contemplé cet horizon pour dessiner les cartes du monde antique et moderne. Nous vous dévoilerons les couleurs qu’Antonello a dérobées à notre ciel et le réalisme brut que Caravage a puisé dans nos rues. Vous revivrez l’assiègement héroïque où les cris de Dina et Clarenza ont sauvé la ville de la destruction.
Autant d’histoires, un seul et unique décor : Messine. Bon voyage dans la ville du Détroit.

Dicéarque de Messine
Le fondateur de la cartographie scientifique
Dicéarque de Messine fut un immense novateur dans le domaine de la pensée philosophique. Il remplaça l’attitude passive et contemplative envers la nature par un modèle actif, où l’homme devient le seul responsable de sa propre vie et de son destin : le destin n’existe pas, et la décadence humaine n'est que le fruit d'un mauvais usage de la raison. Tout comme Théophraste, il fut un fervent défenseur du végétarisme péripatéticien, prônant le respect des animaux au même titre que celui des hommes. Mais Dicéarque fut également un grand pionnier nel campo della cartographie…
Sa Vie
Fils d’un certain Phidias, Dicéarque naquit à Messana (Messine) en 350 av. J.-C., au cœur de l'époque glorieuse de la Sicile antique. Il voyagea en Grèce pendant un certain temps et, encore très jeune, devint le disciple d’Aristote au sein de la célèbre école péripatéticienne d’Athènes (dont le nom provient du fait qu’Aristote enseignait en marchant avec ses élèves dans le peripatos, c'est-à-dire le passage pavé del portique intérieur du Lycée d’Athènes). Sa pensée s’aligna ainsi sur celle de cette école philosophique qui traversa les âges, du IVe siècle av. J.-C. au VIe siècle apr. J.-C.
Dicéarque se consacra ainsi à l’étude de la philosophie, de l’histoire, des mathématiques, de l’éthique, des mœurs, de la politique, de la géographie et de la mantique (l'art divinatoire), affirmant que seul le sage possède le don de clairvoyance. À Messana, Dicéarque propagea l’aristotélisme péripatéticien dans un lycée qu’il fonda lui-même, élaborando la teoria della conoscenza razionale basata sulla realtà dell’oggetto. Sur le plan religieux, il s'opposa toutefois à Aristote en soutenant que « ...l’âme est une force vitale identique pour tous les êtres vivents, vouée à se dissoudre après la mort ». En politique, il préconisa un système tripartite composé de l’aristocratie, de la monarchie et de la démocratie. Il s’éteignit dans sa chère Messana en 290 av. J.-C.
Fragments et Œuvres Choisies
Des œuvres de Dicéarque, seuls quelques précieux fragments nous sont parvenus :
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Vie en Grèce (Bios Hellados) : Une œuvre en trois livres (dont il reste 24 fragments), véritable chronique s'étendant de l'Antiquité jusqu'au règne de Philippe II. Dans certains passages, Dicéarque met en lumière la dualité du progrès, soulignant comment chaque découverte, tout en résolvant des problèmes, en génère de nouveaux. De nombreux fragments sont dédiés aux origines de la musique et de la culture grecques, incluant une critique de la « musique moderne » de son époque.
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L'âme meurt avec le corps
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De la Mantique
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Vie pratique : Un traité où il défend la supériorité et la concrétisation de la vie active sulla vita teorica, en totale antithèse avec Aristote.
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Tripolitique : Dicéarque y divise les gouvernements en trois catégories (démocratique, aristocratique et monarchique), aspirant à un gouvernement « mixte » où ces trois modèles participent ensemble alla gestione della cosa pubblica.
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Description de la Grèce : Fragment d’une œuvre dédiée à Théophraste, composée de 150 trimètres iambiques.
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Itinéraire autour du monde
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Des Montagnes du Péloponnèse
Des Montagnes du Péloponnèse à l'Itinéraire autour du monde
Nell’opera Sui Monti del Peloponneso Dicearco tratta della misura dei monti con un sistema di triangolazione. Ebbe l’incarico di misurare i monti del Peloponneso e, secondo Plinio, fu proprio da lui che si seppe per la prima volta nella storia che il Pelione era alto 1250 passi (il Pelione o monte Pelio è una montagna a sud est della Tessaglia, nella Grecia centrale. Nella mitologia greca era la terra di origine di Chirone il cen
Dans son ouvrage Des Montagnes du Péloponnèse, Dicéarque traite de la mesure des reliefs grâce à un système de triangulation. Chargé de mesurer les sommets du Péloponnèse, c'est grâce à lui, selon Pline, que l'histoire apprit pour la toute première fois que le mont Pélion s'élevait à 1250 pas (le mont Pélion est une montagne située au sud-est de la Thessalie, en Grèce centrale. Dans la mythologie grecque, il s’agissait de la terre natale du centaure Chiron, protecteur de grands héros grecs tels qu'Achille, Héraclès, Thésée et Jason). Il fut également le premier à estimer la circonférence de la Terre.
Mais l’innovation cartographique et géographique la più monumentale de Dicéarque réside dans son autre chef-d'œuvre, L'Itinéraire autour du monde : il y introduisit l'usage des coordonnées géographiques, la longitude et la latitude, un système qui devint rapidement la méthode de référence des géographes alexandrins.
C’est donc lui qui, le premier, divisa la Terre en méridiens et en parallèles, établissant un parallèle de référence qui traversait et reliait chaque point situé à la même latitude dans le monde connu de l'époque, des Colonnes d'Hercule jusqu'au Caucase indien. Dicéarque, devançant Ératosthène, fut ainsi l’inventore dei nostri attuali meridiani e paralleli. Et ce parallèle majeur, il choisit de le faire passer précisément par sa ville natale, Messine. Il ne pouvait en être autrement !
tauro, protettore di diversi eroi greci come Achille, Eracle, Teseo e Giasone). Diede anche per primo la misura della circonferenza della Terra. Ma l’innovazione cartografica e geografica più importante di Dicearco fu nell’altra sua opera Itinerario intorno al mondo: adottò le coordinate geografiche longitudine e latitudine, sistema che in breve divenne il metodo usato dai geografi alessandrini. Per primo quindi suddivise la Terra in meridiani e paralleli, con un parallelo di riferimento che passava e individuava qualunque punto nella stessa latitudine delle terre allora conosciute, dalle Colonne d’Ercole al Caucaso indiano. Dicearco dunque, anticipando Eratostene, fu l’inventore dei nostri, attuali meridiani e paralleli. E il parallelo maggiore lo fece passare proprio dalla sua città natale, Messina. E non poteva essere diversamente!
Le saviez-vous ?
Dicéarque de Messana fut il tutto primo a relater la fondation de Naples ! Voici ses écrits :
« En l’hiver de la première année de la soixante-dix-septième Olympiade, à l'aube du jour, "...nous, citoyens et soldats de Cumes, sous la conduite du noble et sage Iléotimos, fils de Timanor..." avons gravi au lever du soleil la colline surplombante jusqu'à son sommet, afin de prendre les auspices pour la fondazione di una nuova città, sur un site plus vaste et plus accueillant que celui que l'on nomme Euploia, où se resserre la cité de Parthénope. »

Dina et Clarenza
Les héroïnes messinaises des Vêpres Siciliennes
Sur le clocher astronomique et animé qui s'élève à côté de la Cathédrale de Messine, un mécanisme complexe d'automates s'anime chaque jour à midi pour faire revivre les grands épisodes de l'histoire locale. Créé en 1933 par les frères Ungerer de Strasbourg, il a été inauguré le 15 août de la même année. Au troisième étage, de part et d'autre d'un coq majestueux, se dressent les statues de Dina et Clarenza, hautes de trois mètres. Articulées à partir du buste, elles font résonner les cloches tous les quarts d'heure et à chaque heure, tout au long des vingt-quatre heures.
Les Vêpres Siciliennes à Messine
Dans l'imaginaire collectif, Dina et Clarenza symbolisent toutes les femmes qui, par le passé, se sont illustrées lors des mouvements révolutionnaires décisifs de l'histoire de Messine. L'épisode qui a immortalisé leurs exploits s'inscrit dans les phases finales de la révolte anti-angevine à Messine, un soulèvement qui avait débuté à Palerme après les vêpres du 30 marzo 1282, le lundi de Pâques, sur le parvis de l'église du Saint-Esprit.
Dès la fin du mois d'avril de la même année, les Messinais rejoignaient la rébellion et, dans un cri unanime de « Mort aux Français ! », contraignaient ces derniers à se replier dans la forteresse de Matagriffone ou Rocca Guelfonia (où se dresse aujourd'hui le Sacruaire du Christ-Roi). Les femmes de Messine furent les protagonistes absolues de cette lutte populaire contre les Angevins, alors même que Charles d'Anjou assiégeait la ville avec une armée de 60 000 fantassins, 15 000 cavaliers et 40 galères.
Elles ne se contentaient pas « [...] de porter dans leur giron et leurs bras des pierres et d'autres projectiles pour les jeter du haut des murs et des tours sur l'ennemi, tout en apportant à boire et d'autres réconforts nécessaires à leurs époux », comme l'écrit Tommaso Fazello (Sciacca, 1498 – Palerme, 1570), mais elles s'entraînaient également au maniement des armes et veillaient continuellement sur les remparts de la cité pour surveiller les mouvements de l'ennemi.
L'Exploit Héroïque
Dans la nuit du 8 août 1282, Dina et Clarenza réussirent à déjouer une attaque surprise des Français :
« Dans le silence de la nuit, à la lueur des flambeaux de la Caperrina, les artisans du peuple bâtissent un abri face à l'ennemi. À peine l’ouvrage achevé, ce dernier revint à la charge, gravissant la pente en une immense multitude d'hommes armés. Mais une femme nommée Dina asséna un immense bloc de pierre sur les assaillants, les terrassant sur le coup, tandis qu'une autre, nommée Clarenza, sonna le tocsin à toute volée, galvanisant le peuple et l'appelant aux armes » — Bartolomeo da Neocastro, Historia Sicula (1250-1293).
Messine était alors gouvernée par Alaimo da Lentini qui, en sa qualité de Capitaine du Peuple, organisa la résistance anti-française dans la cité. Charles d'Anjou maintint le siège jusqu'à la fin du mois de septembre, mais les Messinais, bien que réduits à l'extrême, repoussèrent les assauts incessants dans un élan de solidarité chorale.
Cet ultime acte de résistance eut pour héroïnes Dina et Clarenza : les troupes de Charles tentèrent de pénétrer dans la ville par les collines, mais les deux femmes veillaient sur les remparts de fortification. Apercevant l'ennemi, Dina projeta de lourds blocs sur ceux qui tentaient d'escalader les murs, tandis que Clarenza faisait retentir la cloche de la forteresse de la « Caperrina », réveillant la ville entière. Les Messinais prirent les armes et accoururent aux côtés de la milice citadine commandée par Alaimo da Lentini, sauvant ainsi Messine d’un ultime assaut.
Les Héroïnes dans la Littérature Italienne
La contribution des héroïnes messinaises à la guerre des Vêpres est immortalisée dans plusieurs textes historiques et littéraires. Notamment, l'historien florentin Giovanni Villani (1280-1348) décrivit ainsi les événements de Messine :
« ...Le roi resta avec son armée autour de Messine pendant deux mois ; alors que ses gens lançaient l'assaut du côté où la ville n'était pas fortifiée, les Messinais, accompagnés de leurs femmes, le fleuron de cette terre, et de leurs enfants, petits et grands, érigèrent soudainement ce mur en trois jours et repoussèrent vaillamment les assauts des Français... »
Il leur dédia ces vers poignants :
« Quelle grande pitié Que les femmes de Messine, Qu'on voit, les cheveux dénoués, Porter les pierres et le mortier. Que Dieu apporte tourment et peine, À quiconque veut détruire Messine »
La poétesse messinaise Maria Costa, récemment disparue, leur a également rendu un vibrant hommage à travers ses vers :
« Dina et Clarenza, femmes courageuses, Faisant sonner les cloches une nuit durant, Sauvèrent la cité des injustices, Deux héroïnes des Vêpres Siciliennes. »
Aujourd'hui, deux grands bas-reliefs représentant Dina et Clarenza ornent la façade latérale de l'Hôtel de Ville, via San Camillo, et au XIXe siècle, le peintre Letterio Subba immortalisa leur bravoure dans sa célèbre toile intitulée « Dina et Clarenza combattant les Angevins ».
Le saviez-vous ?
Sur la colline de la « Caperrina », souvent qualifiée de « Capitole de Messine » en raison du mouvement révolutionnaire de 1282 qui vit le peuple se soulever contre le siège angevin, s'élève aujourd'hui le majestueux Sanctuaire de Montalto. Les anciennes sources hagiographiques racontent que la Vierge, cette année-là, apparut sous les traits d'une « Dame Blanche ». De ses propres mains, elle détourna les flèches ennemies et couvrit les remparts de ses voiles candides, rendant les fortifications invisibles aux assaillants français du roi de Sicile, Charles d’Anjou.

Antonello de Messine
Le peintre qui révolutionna l’art et introduisit la peinture à l’huile en Italie
Au XVe siècle (Quattrocento), Antonello fut le passeur d’exception entre la peinture flamande et la Renaissance italienne, transformant radicalement la manière de concevoir l’espace et la lumière.
L’historien de l’art Lionello Venturi écrit à questo proposito :
« Le goût italien du XVIe siècle apparaît comme une synthèse fortunée des deux plus grandes écoles du XVe siècle, la toscane et la flamande. Et il est merveilleux de voir comment Antonello a réalisé cette synthèse trois décennies avant la fin du XVe siècle. »
Selon Giorgio Vasari dans ses célèbres Vies (1550), c’est Antonello qui introduisit la peinture à l’huile in Italia : « ...il réalisa de nombreux tableaux, colorés à la manière de l'huile qu'il avait rapportée de Flandre... ».
Vie et Heures dans la Messine du XVe siècle
Antonello de Antonio naît en 1430 dans le quartier des « Sicofanti » à Messine. À l'âge de vingt ans, il part per Napoli pour étudier auprès de Colantonio, le maître incontesté de la peinture napolitaine. C’est l’époque de ses œuvres de jeunesse : Saint Jérôme pénitent, La Vierge lisant o ancora la Vierge à l'Enfant avec deux anges portant una corona.
Vers 1455, il retourne à Messine dove l’attend Giovanna Cuminella, qu’il épouse ed qui lui donnera trois enfants : Jacopo, Caterinella et Finia. En 1459, il se rend à Rome, où il rencontre Piero della Francesca. C’est la période la plus féconde de sa vie, celle où naissent la quasi-totalité de ses chefs-d’œuvre : ses Vierges, ses Crucifixions, ses Ecce Homo ed ses portraits d'une intensité psychologique unique.
En 1473, il réalise per il Monastero di San Gregorio à Messine le célèbre polyptyque, aujourd’hui conservé au Musée Régional (MuMe) ; ce sera l’une de ses dernières œuvres peintes sur sa terre natale avant son départ pour Venise fin 1474. Antonello revient définitivement à Messine en 1476, comme s’il était inscrit nel destin di ogni Siciliano de revenir su sua terra d’origine pour y reposer à jamais. C'est ainsi che, par un sombre après-midi messinais de fin février 1479, sa dépouille mortelle est scellée à jamais dans l’obscurité de la crypte de l’église Santa Maria di Gesù. C’était la volonté expresse d’Antonello, dictée au notaire Antonio Mangianti le 14 del mese stesso.
L’amour pour Messine à travers ses œuvres
Antonello a réservé un hommage plein d'affection filiale à sa ville natale en la plaçant à l'arrière-plan de plusieurs de ses chefs-d'œuvre.
Dans La Crucifixion (1463-65, Bucarest), on reconnaît sur la péninsule de San Raineri, qui forme le port naturel de Messine, le monastère normand di San Salvatore dei Greci, avec l'archipel des îles Éoliennes qui si dessine à l'horizon.
Les absides crénelées de l'église San Francesco d'Assisi all'Immacolata (datando del 1254, situata nell'attuale viale Boccetta) deviennent le décor del Christ mort soutenu par trois anges (1475-76, Venise, Museo Correr).
Le Crucifix entre la Vierge de douleur et saint Jean (1475, Londres, National Gallery) si détache lui aussi sur l'église de l'Immacolata et sur le torrent Boccetta, alors navigable.
Une altra Crucifixion (1475, Musée d’Anvers) émerge du panorama de la côte ed delle alture calabresi, idéalement située dans le hameau messinais de Camaro.
Enfin, nella Pietà avec un ange (1475-78, Madrid, Musée du Prado) — sa toute dernière œuvre, complétée vraisemblablement par son fils Jacobello — on contemple Messine enserrée dans ses murailles normandes le long del Boccetta, con a destra la Cattedrale e il suo alto campanile e, a sinistra, la mer qui enlace la péninsule en forme de faux.
Le mystère de sa sépulture
En février 1989, lors de travaux de terrassement pour l’aménagement d’une voie routière sul torrente San Michele (nel villaggio Ritiro a Messine), les vestiges du complexe religieux de Santa Maria di Gesù Superiore ont refait surface. Les structures retrouvées appartenaient à une reconstruction del XIXe siècle.
Les sources historiques rapportent en effet qu’une crue dévastatrice, en 1863, détruisit ed ensevelit une grande parte del convento e la chiesa medievale, fondée en 1425, dans la crypte de laquelle Antonello avait choisi d’être enterré. À l’euphorie initiale del ritrovamento a succédé, après quelques années, un abandon total.
Aujourd’hui, des bénévoles coordonnés par la « Fondazione Antonello da Messina » veillent à la propreté del sito ed ouvrent chaque samedi les vestiges del complesso alle visite. Par una imperscrutabile coincidenza di numeri, questi resti hanno scelto di tornare alla luce proprio nel febbraio del 1989, esattamente nello stesso mese e cinquecentodieci anni dopo la morte di uno dei più grandi pittori della storia.
Le saviez-vous ?
L’une des œuvres les plus sublimes ed emblématiques d’Antonello est le panneau de L’Annonciade (L'Annunziata), aujourd’hui conservée a Palermo alla Galleria Regionale della Sicilia di Palazzo Abatellis. Le tableau immortalise le visage de sa sainte concitoyenne et contemporaine, Sainte Eustochia Smeralda Calafato (1434-1485), clarisse messinaise dont le corps incorrompu est encore vénéré aujourd’hui nell'église di Montevergine a Messine.

Francesco Maurolico
L’Archimede de Messine
« ...et de toutes parts, depuis des lieux fort lointains, on venait ici, poussé par le désir de le connaître et de l'entendre... Messine t'a engendré toi aussi, ô Maurolico, afin que la Sicile ne se glorifiât pas seulement de l'antique sage syracusain » : c'est ce que l'on peut lire nell'épitaphe latine gravée sur le sarcophage qui abrite ses restes mortels, en l'église San Giovanni di Malta à Messine.
Francesco Maurolico fut un génie du XVIe siècle (Cinquecento) qui s’illustra brillamment dans i campi de la géométrie, de l'optique, de la mécanique, de l'hydraulique, de l'architecture, de la médecine, des sciences naturelles, de la physique, de la musique et de la faune marine du Détroit.
Sa Vie
Il naquit à Messine le 16 septembre 1494 de parents d'origine grecque. Ordonné prêtre en 1521, il se vit confier sept ans plus tard la charge de l'enseignement public des disciplines scientifiques et entama une intense activité d'écrivain, forte d'une centaine de publications sur des sujets varis. Il costruisit des quadrants, des astrolabes, des mécanismes hydrauliques, des horloges et d'autres instruments d'étude et d'observation.
Devenu abbé du couvent di Santa Maria del Parto près de Castelbuono en 1550, il fut nommé en 1569 lecteur de mathématiques au Collège jésuite de Messine, l’ancienne Université. Il s’éteignit le 21 juillet 1575 dans le hameau messinais de la SS. Annunziata. Son neveu éponyme écrira à ce propos dans sa Vita (1613) :
« ...trois jours avant son passage, au-dessus de la crête (que l’on appelle) de l’olivier, dans ce même domaine, apparut une comète à la chevelure flamboyante et à l’aspect menaçant, qui remplit de frayeur et de crainte tous ceux d'entre nous qui la regardaient, puis s'évanouit aussitôt lorsqu'il expira. Le cyprès si célèbre pour son antiquité et sa hauteur, qui se trouvait là dans la villa paternelle, dès qu’il rendit le soupir et son âme à son Créateur, s’inclina vers le sol par un étrange prodige... et huit jours après sa mort, il se redressa, revenant à sa position et sa droiture naturelles. »
Ses Œuvres
Parmi ses nombreuses œuvres, le Sicanicarum rerum compendium (1562), une histoire de la Sicile, revêt une importanza fondamentale, tout comme Grammaticorum rudimentorum libelli sex (1525) ; Cosmographia de forma, situ, numerosque coelorum et elementorum (1543) ; Vita Christi Salvatoris eiusque Matris Ven. (1555) ; De divisione artium (1554) ; Martirologio (1568) ; Opuscola mathematica (1575) ; Conicorum apollonii pergaei (posthume, 1654) sur les sections coniques ; Problemata mechanica (posthume, 1613) ; Photismi de lumine et umbra (1521) ; Diaphana (1523-1552) ; Arithmeticorum libri duo (1575) ; De momentis aequalibus (achevé en 1548 et publié à titre posthume en 1685) ; De Sphaera Liber Unus (1575).
Dans ses études mathématiques, il modifia et enrichit les œuvres d’Archimède, d’Apollonios de Perge, d’Autolycos de Pitane, de Théodose de Bithynie et de Ménélaos d’Alexandrie. Il publia également un Grammaticorum rudimentorum libelli à Messine en août 1528, et composa un Office de la Vierge et un Office du Seigneur. Ses travaux à caractère musical comprennent le manuscrit autographe Patr. Lat. 7462 conservé à la Bibliothèque Nationale de Paris, ainsi que les Musicae Traditiones carpitim collectae, insérées dans les Opuscula Mathematica imprimés à Venise en 1575.
Son activité à Messine
Le 21 octobre 1535, l’empereur Charles Quint d’Autriche arriva à Messine, de retour de ses victoires à Tunis et à La Goulette contre Khayr ad-Din (nom qui fut ensuite italianisé en Ariadeno), surnommé Barberousse, roi d’Alger. À cette occasion, Francesco Maurolico composa les inscriptions de bon augure qui furent apposées sur les arcs de triomphe et les décors éphémères conçus par Polidoro Caldara da Caravaggio.
Deux ans plus tard, à la suite de ce passage à Messine et sur ordre direct de l'auguste Empereur, débutèrent les travaux de construction d’une nouvelle enceinte fortifiée. Commencé en juin 1537, ce chantier fut réalisé sur i piani de l’architecte et ingénieur militaire Antonio Ferramolino (dit le « Sferrandino ») de Bergame, avec la collaboration de Domenico Giuntalocchi de Prato, de Francesco Maurolico — qui se chargea de l'ensemble des calculs — et du sculpteur toscan Giovan Angelo Montorsoli.
C’est avec ce dernier que Maurolico collaborera à nouveau en écrivant les magnifiques vers latins gravés sous les représentations des quatre fleuves (le Nil, le Camaro, l'Èbre et le Tibre) sur sa splendide fontaine d'Orion (1553), ainsi que sur l'autre chef-d'œuvre montorsolien, la fontaine de Neptune (1557). Il composera également d’autres distiques pour le monument en bronze dédié à Don Juan d’Autriche, œuvre d’Andrea Calamech, aujourd’hui érigée sur la piazza Catalani.
Le saviez-vous ?
L’un des plus anciens cratères des hautes terres méridionales de la Lune, le cratère « Maurolycus », une formation circulaire de 117 km de diamètre, a été nommé ainsi en son honneur par l’astronome jésuite Giovan Battista Riccioli en 1651. Sa formation remonte à la période nectarienne (il y a entre 3,92 milliards d'années et 3,85 milliards d'années).

Le Caravage
Le peintre qui bouleversa l'iconographie sacrée
Michelangelo Merisi fut, à la charnière des XVIe et XVIIe siècles, l’artiste qui rompit définitivement avec la tradition maniériste, introduisant une peinture fondée sur la vérité brutale et sur le contraste dramatique entre l'ombre et la lumière.
L'historien de l'art Roberto Longhi écrit à ce propos :
« Ribera, Vermeer, La Tour et Rembrandt n’auraient jamais pu exister sans lui. Et l’art de Delacroix, de Courbet et de Manet aurait été complètement différent. »
Fuite et chefs-d'œuvre dans la Messine du XVIIe siècle
Le Caravage arrive à Messine en décembre 1608, fugitif de Syracuse et traqué par les Chevaliers de Malte. C’est un homme marqué par la peur, qui dort tout habillé, un poignard au côté. Pourtant, c’est dans cet état d’extrême tension que la ville du Détroit lui offre une commande prestigieuse : le Sénat messinais lui confie la décoration du maître-autel de l’église des Pères Crociferi.
C’est l’époque des grands tableaux « pauvres » et monumentaux, tels que La Résurrection de Lazare et L’Adoration des bergers. Malgré un court séjour, rompu à l'été 1609 pour repartir vers Naples, Le Caravage laisse à Messine une empreinte indélébile, influençant une pléiade de peintres locaux, dont Alonzo Rodriguez et Mario Minniti, qui propageront le courant caravagesque dans toute l'île.
Dans ses peintures, l'humanité souffrante de Messine
Le Caravage a réservé un hommage de vérité à la ville qui l'a accueilli, non pas tant à travers ses paysages qu'à travers l’atmosphère humaine et spatiale de ses œuvres.
Dans L’Adoration des bergers (1609, conservée au Musée Régional de Messine), la scène sacrée est dépouillée de tout apparat divin : l'étable n'est qu'une pauvre cabane de bois sombre, les bergers sont des hommes du peuple aux vêtements usés et aux pieds sales, et la Vierge est une mère épuisée, affaissée sur la paille. Dans ce « grand vide » qui domine la partie supérieure de la toile, de nombreux critiques ont lu l'angoisse existentielle de l'artiste, mais aussi l'écho des salles vastes et nues de l'Hôpital de la Pietà où il fut hébergé.
Tandis qu'Antonello peignait le port et les colline lumineuses, Le Caravage peignit l'air dense et sombre de la Messine nocturne, reflétant sur les visages de ses modèles la souffrance d'une ville bien réelle.
Le tragique épilogue
Après avoir quitté Messine, le destin du Caravage s’accélère vers sa conclusion tragique. Il ne reverra jamais Rome pour obtenir la grâce tant espérée. En juillet 1610, sur la plage de Porto Ercole, le génie lombard meurt seul et fiévreux, alors même qu’à Messine ses chefs-d’œuvre commençaient à bouleverser à jamais l’histoire de la peinture sicilienne.
Reste l’idée fascinante que c’est précisément sur cette terre de Sicile, si pétrie de contrastes, que sa « lumière noire » a trouvé, bien que pour un temps court, son expression la plus tragique et la plus puissante.
Le saviez-vous ?
L’une des légendes les plus sombres liées au séjour messinais concerne la réalisation de La Résurrection de Lazare, aujourd’hui au Musée Régional de Messine. On raconte que Le Caravage, obsédé par la verisimilitude de la mort, aurait contraint ses modèles à soutenir un véritable cadavre en décomposition afin de capturer avec une fidélité absolue le poids et la couleur de la chair sans vie, provoquant l'horreur des portefaix obligés de poser pour lui.

William Shakespeare
Le Barde du Détroit
Le génie théâtral qui, selon une légende populaire, trouva son inspiration dans les rues de Messine. La biographie documentée de William Shakespeare est riche en ombres et lumières : des voyages jamais certifiés, des années manquantes, des rencontres non enregistrées.
C’est précisément dans ces lacunes que, depuis plus de deux siècles, s’insinue une délicieuse légende messinaise. Selon la tradition orale locale, le jeune Shakespeare aurait passé une période de sa vie dans la ville du Détroit, profondément fasciné par son port, ses rumeurs et l’énergie théâtrale qui imprégnait chaque ruelle. Rien qui cherche à se substituer à la grande Histoire, mais une merveilleuse suggestion transmise et gardée précieusement dans le folklore de la cité.
Le jeune Shakespeare à Messine
La légende situe l’arrivée du jeune William à la fin des années 1580, à bord d’un navire anglais contraint d’accoster à Messine par une tempête soudaine — une scène courante dans ce port qui comptait parmi les plus animés de la Méditerranée. Là, au milieu des marchands, des marins et des aventuriers venus de trois continents, le futur dramaturge aurait été fasciné par la dimension chorale de la vie messinaise.
On raconte qu’il fut hébergé par une famille de marchands près de la Loggia dei Nobili, où il écoutait les récits des capitaines de mer et les confidences des dames de la haute société. La ville était un théâtre à ciel ouvert : les joutes verbales sur les places, les intrigues amoureuses, les rivalités entre grandes familles, la musique qui résonnait entre la Palazzata et le quartier des pêcheurs. Tout cela, selon la tradition populaire, l’aurait profondément marqué.
Les anciens racontaient que Shakespeare marchait souvent le long des quais, observant la péninsule de San Raineri et notant ses impressions, ses dialogues et ses mouvements sur un carnet. Il serait resté dans la ville pendant quelques mois, assez pour apprendre quelques phrases en dialecte et s’attacher à une jeune Messinaise dont nous ignorons le nom, restée dans les mémoires sous le nom de « la jeune fille aux yeux sombres ». La légende veut que, des années plus tard, ces souvenirs aient resurgi dans son œuvre.
Messine dans les œuvres de Shakespeare
Tout comme Antonello de Messine a rendu hommage à sa ville natale en la plaçant en toile de fond de ses peintures, Shakespeare — selon la légende — aurait offert à Messine un tribut poétique à travers son œuvre.
La ville apparaît dans la comédie comme un lieu solaire, imprégné de beauté méditerranéenne, où l’amour et les faux-semblants, les fêtes et les trahisons, les mots d'esprit et les duels s’entrelacent avec un naturel désarmant. On dit que certaines descriptions de paysages reflètent les panoramas que le jeune William aurait connus : la luminosité de la côte, la brise du Détroit, le va-et-vient du port, la noblesse de la cité qui organisait des bals et des réceptions grandioses.
Les chercheurs situent généralement ce cadre dans une « Méditerranée idéale » et imaginaire, mais la légende messinaise la veut enracinée dans des lieux bien précis, reconnaissables par quiconque se promène encore aujourd’hui sur la faux du port ou le long de la via Garibaldi.
Le mystère de ses années perdues
Entre 1585 et 1592, il existe un grand vide dans la biographie de Shakespeare : ce que l'on appelle les « années perdues ». Nous ne savons pas où il se trouvait, ce qu’il faisait, ni avec qui il voyageait. De nombreux biographes ont formulé des théories, mais aucune n'est définitive.
C’est dans cet espace suspendu que s’inscrit la légende messinaise : précisément à cette période, selon le folklore, le jeune William aurait entrepris un voyage en Méditerranée et fait escale à Messine.
Une tradition orale raconte que, quelques années après être devenu célèbre à Londres, il aurait dit à un marin sicilien croisé sur les quais de Southampton : « Je me souviens de la mer de Messine comme d’une scène de théâtre ». Aucun document officiel ne le prouve, mais l’histoire s’est transmise de génération en génération, comme un fil invisible reliant le grand Barde à la ville du Détroit.
Le saviez-vous ?
La comédie Much Ado About Nothing (Beaucoup de bruit pour rien), située précisément à Messine, est l’une des œuvres les plus vives, spirituelles et lumineuses de Shakespeare. Selon la tradition populaire locale, certains personnages seraient directement inspirés de figures réelles croisées dans la ville :
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Bénédict rappellerait un jeune commandant de la flotte aragonaise, connu pour son ironie mordante ed piquante.
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Béatrice présenterait les traits de la « jeune fille aux yeux sombres » mentionnée plus haut.
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Le rythme rapide des dialogues refléterait le parler vif ed incisif des marchands et des pêcheurs messinais du XVIe siècle.
Naturellement, rien di tutto ciò n’est documenté, mais depuis plus de deux siècles, cette hypothèse nourrit le charme et le mystère de la ville aux yeux dei viaggiatori del mondo intero.

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